Communauté de Commune : mariage forcé à 2

160620_Photo LucDans le cadre de la nouvelle organisation territoriale imposée par la loi Notre, le préfet Nicolas Quillet avait proposé en février dernier la fusion des 2 communautés de communes: le Perche Thironnais et les Portes du Perche, au motif que cette dernière ne répondait pas au critères de la loi Notre en terme de nombre d’habitants et de densité. (à 250 habitants près !)

Les 2 CdC ont refusé à l’unanimité cette proposition incohérente, allant à l’encontre de toute logique de territoire, la Cdc des Portes du Perche préférant exprimer son refus en manifestant devant la préfecture,  la Cdc du Perche Thironnais quand à elle, proposant une 2e solution, plus cohérente et plus constructive, à savoir la fusion des 3 Communautés de Communes: Cdc Portes du Perche, Cdc Thironnais avec la Cdc du Perche.

En effet, dans l’esprit de cette Loi Notre qui regroupera à terme ces 3 territoires, et avec la perspective de prise de compétences supplémentaires en 2018, il était souhaitable de mettre en place dès aujourd’hui  les structures de demain, au lieu de passer par une étape intermédiaire stérile, illogique et coûteuse.

Le Perche Thironnais et le Perche Loupéen n’ont aucun bassin de vie en commun: aucun échange dans les transports, ni lien éducatif, médical, sportif. A l’opposé, le périmètre à 3 représente un véritable bassin de vie, la ville de Nogent officiant comme pôle centre, les habitants qui travaillent ensembles,  une zone de chalandise, des lycées en communs, des liens étroits entre les 2 hôpitaux…

La Commission Départemental de Coopération Intercommunale en a décidé autrement, d’une part en rejetant l’amendement déposé par Luc Lamirault, et d’autre part grâce à la procédure du « passé-outre » sorte de « 49.3 » qui permet au préfet de ne pas tenir compte des avis des élus concernés.

La proposition de Luc Lamirault reflétait la conscience du territoire et du bien public acquise par plus de 20 ans d’expérience, mais hélas, certains lui ont donné tort au motif que s’il avait indéniablement raison sur le fond, il n’avait pas adopté la bonne méthode sur la forme.

Quelle différence avec le monde de l’entreprise !  Celle-ci n’a pas le choix, et doit s’adapter au monde qui évolue. Le fond prime, car l’entreprise qui ne sait pas innover, qui ne sait pas faire des choix audacieux dans ce monde en pleine mutation prend le risque de disparaître. Mais en politique, les territoires et les habitants seront toujours là, rien n’est urgent. Les erreurs commises, les choix de circonstance seront corrigés dans le temps …

 

Pascale de Souancé

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