le cheval percheron au travail rêve ou réalité ?

au repos durant l'après-midi caniculaire

au repos entre 2 chantiers

Par un après-midi de canicule percheronne, je suis allée voire Jean-Baptiste Ricard et ses 2 chevaux percherons débarder du bois au Domaine du Bois Landry. Il faisait chaud (35°) et au milieu de l’après-midi, tout le monde était au repos. Nous avons longuement discuté de l’avenir de cheval percheron et ses possibilités d’utilisation professionnelle au 21e siècle. Rêve ou réalité ? La consommation populaire de la viande de cheval jusqu’aux années 2000 a permis de sauvegarder notre race emblématique du Perche. Mais la baisse factuelle de cette consommation sonne le glas de la survie de cette race…. à moins de lui trouver une utilisation professionnelle.

Jean-Baptiste Ricard est avant tout un professionnel du débardage du bois en forêt, reconverti au travail avec le cheval par efficacité écologique, conviction économique …  et par passion.  Son entreprise avec ses 14 chevaux de trait est sollicitée pour le débardage dans les endroits inaccessibles par les engins motorisés tels que les zones humides, les terrains pentus mais également dans les zones urbaines. Pour mettre en avant son avantage écologique, il aime à dire que le passage du travail d’un cheval en forêt doit être invisible.

Mais y a t-il un avantage économique à utiliser le cheval en forêt ? quelques données intéressantes sont à noter: le débardage à cheval consomme 5 litres de carburant pour 40 stères de bois débardés, quand un tracteur consomme 1 litre par stère. Sur une journée de travail, le tracteur va débarder 150 stères soit 150 litres de carburant alors que le cheval peut débarder 40 à 50 stères soit une consommation de 6 litres. L’investissement du matériel motorisé est compris dans une fourchette de 150 000€ à 200 000€  comparé aux 30 000€ pour du matériel pour cheval. Le travail à cheval reste plus coûteux, car plus lent, mais ce surcoût est largement compensé par la qualité du travail rendu !

Il ne faut pas cantonner le travail du cheval au seul débardage. Dans la ville de Mâcon, un cheval Comtois ramasse les déchets l’hiver et effectue l’arrosage des plantes l’été; à Saint Pierre sur Dive c’est Paula, une jument percheronne qui effectue le ramassage scolaire. Hersage, désherbage manuel, broyage, transport, ramassage des déchets, les possibilités sont multiples pour valoriser notre cheval percheron, mais seule une volonté politique permettra sa mise en oeuvre dans nos villes percheronnes.

Jean Batiste Ricard 1 web

 

Quelle  satisfaction de constater que le cheval n’a pas totalement disparu du paysage forestier,

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